PITBULLS IN HEELS PT.1

January 8, 2017

1995, Age d’or dans l’histoire du hip-hop. L’attention est alors rivée sur de grandes figures masculines sortant leurs projets respectifs. Soul food du crew Goodie Mob; the Infamous du duo Mobb Deep; The Natural de Mic Geronimo; Gangsta’s Paradise de Coolio; Return to the 36 chambers: the dirty version de O.D.B; Me against the world de 2Pac ou encore Only Built 4 Cuban Linx de Chef Raekwon.

  

Ainsi c’est dans univers purement masculin où la virilité domine et où les femmes sont le plus souvent perçues comme des objets de plaisir, que l’on voit progressivement en réaction à cette misogynie « ambiante » apparaître un tout nouveau type de feemcees. Incarnées principalement par Little Kim et Foxy Brown, succédant à des artistes comme Mc Lyte ou YoYo, ces mcs vont contribuer à jamais à faire l’histoire du hip-hop. En démontrant que les femmes peuvent elles aussi rapper avec la même aisance que les hommes, jouer de leur image, parler librement d’un sex décomplexé tout en servant une cause à visée féministe.

Ces véritables amazones suscitent le respect, de part la force et l’impertinence dont elles font preuve. Ouvrant ainsi la voie à d’autres femmes qui contribuent aujourd’hui elles aussi à l’existence de la scène féminine.

 

 

 

 

BROOKLYN’S DON DIVAS

 

 

 

 

Nom: Inga DeCarlo Fung « Foxy Brown » Marchand

Date de naissance: 6 Septembre 1979

Lieu de naissance: Brooklyn,NY

 

 

 

Inga Marchand est née le 6 septembre 1979 dans le quartier de Brooklyn à New York. Keith Stahler son père l’abandonne elle et sa famille pour poursuivre sa carrière au label Erac. À son adolescence elle suit ses études sans aucune véritable intention de faire du rap, bien qu’amusée par l’idée. En 1994 elle gagne un concours de talent et est amenée à se produire sur scène, c’est à ce moment que le déclic se produit. C’est aussi environ à cette période que son chemin croise celui d’un MC peu connu à l’époque, mais prometteur : Jay-Z. Par l’intermédiaire de son cousin Dj et producteur, Clark Kent. Très vite Inga arpente les labels dans le but d’obtenir un contrat, elle est d’abord signée chez Capital Records sous le pseudonyme de  « Big Shorty » qu’elle changera par la suite en « Aka ». Cependant, le label la lâche quelque temps après. C’est le rappeur Red Hot Lover Tone qui la présente ensuite à Puffy Combs qui lui aussi ne semble pas lui montrer grand intérêt. Mais ces échecs ne font que la rendre plus déterminée. En 1995 son vœu se réalise, quand le producteur Trackmaster et le CEO de Violator Records, Chris Lighty décident de la faire poser sur le remix du son « I Shot Ya » de LL Cool J en feat avec Prodigy, Fat Joe et Keith Murray. Partager l’affiche au côté de rappeurs influents tout en conciliant les cours ne décourage pas l’adolescente de seulement 16 ans qui y voit au contraire un challenge personnel qu’elle se sent prête à relever. L’artiste déclare dans une interview pour le Vibe en 1999 “Everybody ran out of the room screaming like that shit was the bomb…I knew right then it was going to be on for me. I was a female truly rhyming with some real niggas.” Le single se hissera au rang 55 du classement hip-hop et rnb du Billboard cette année là. Il propulse à tout jamais la carrière d’Inga.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les propositions de labels ne tardent pas ainsi que les singles, entre 1995 et 1996 on la retrouve avec des artistes comme Toni Braxton sur le remix de « You’re makin’ me high », Case et Mary J Blige sur « Touch me, Tease me » ou encore de Jay-z sur le track « Aint no Nigga », couplet dont le rappeur serait tombé amoureux.

 

C’est aussi à la même époque que le personnage Foxy Brown se façonne. Dans le milieu des années 90 la rappeuse encore rookie contacte l’actrice Pam Grier aka « Foxy Brown » du nom du personnage qu’elle incarne dans le thriller des années 70. Lors de leur conversation Inga lui demande alors si elle pourrait lui emprunter le pseudonyme. Un choix qui n’est pas anodin. Dans le film, Foxy Brown est une femme de couleur forte, tenace, indépendante et insoumise aux hommes. Elle joue de ses charmes et de sa sensualité dans le but de venger son petit ami tué par des gangsters. Par cet acte symbolique, Pam lui fait alors promettre de faire de ce nom quelque chose d’encore plus grand et plus fort à tel point que quand les gens entendront le nom de Foxy Brown ils ne se rappellent que de la rappeuse.

 

 

“Who’s got the illest pussy on the planet ? Sugar walls comin’ down niggas can’t stand it, the Ill Nana” – Method Man (Ill Nana)

 

 

19/11/96 - Sortie de l’album « Ill Nana », Foxy Brown, Def Jams Records.

 

 

 

 

 

Inga n’a que 17 ans, à la sortie son premier album. Un titre provocateur qui fait directement référence à ses parties intimes. Sur la pochette elle apparaît posant sur une moquette indigo, vêtue d’une robe noire qui laisse entrevoir son décolleté et sa chaîne. Une couverture qui rappellerait celle d’un numéro de Playboy. Arborant un regard plein de sensualité, de maturité et de confiance, nous assistons à une rupture entre l’adolescente Inga qui laisse place à la femme, Foxy Brown.

 

L’album se vend à plus d’un million d’exemplaires et sera par la suite certifié disque de platine. On suit tout au long de l’album une Foxy Brown ayant une obsession pour la mafia et le sex. Un goût prononcé pour le luxe et qui ne manque pas de prêter serment d’allégeance à sa clique The Firm. Incarnée par Nas, Az et Nature cette collaboration donnera lieu en 1997 à « The Firm : The Album » produit par Dr Dre.

 

Avec son projet solo « Ill Nana » l’artiste établie peu à peu sa réputation. Son attitude, sa voix grave et son flow lui permettent de livrer des couplets avec une aisance encore jamais vue auparavant. Les productions de Trackmaster contribuent aussi à faire de ce véritable joyau du hip-hop un classique. De même pour le couplet de Fox sur « Ill be » au coté de Jay-z, du track « Get me home » en feat avec le groupe Blackstreet, « Big Bad Mama » ajouté en 1997 et du hook de Method Man sur le morceau « Ill Nana » : « Who’s got the illest pussy on the planet ? Sugar walls comin’ down niggas can’t stand it, the Ill Na Na ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un projet sorti une semaine après celui d’une autre artiste de Brooklyn, Lil’ Kim.

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