IGGY THE ESKIMO


Evelyn Rose, créature à la fois emblématique et mystérieuse du swinging London des années 60. Entre liberté et insouciance, elle incarne l'essence de la génération hippie : guidée par sa spontanéité, sa rebellion ainsi que sa soif d’aventure.


Un soir qu’elle s’amusait au Cromwellian, un photographe du magazine NME lui demande son nom. Elle lui répond avec nonchalance : Iggy The Eskimo. Où qu’elle passe, on la reconnait par son look bohémien, et sa chevelure sombre si particulière. Ses origines himalayennes et son enfance passée en Inde font d’elle une créature unique des nuits londoniennes.



Jeune mod de Brighton, elle rencontre tout d’abord les groupes tendance de l’époque, dans les clubs les plus branchés de la capitale. Elle y fait la connaissance du groupe The Who, Eric Clapton, et sera vue en compagnie d’artistes tels que Brian Jones ou Keith Richards. La légende dit qu’elle a même assisté à l’enregistrement de Sympathy For The Devil des Rolling Stones. Mais c’est surtout aux Pink Floyd qu’elle sera associée, suite à sa rencontre avec Jenny Spires, la copine de Syd Barrett, alors qu’elle faisait son shopping chez BIBA.



Au début de l’année 69’, elle entame une relation avec Syd et emménage dans son appartement qu’il partage à l’époque avec l’artiste Duggie Fields. Alors qu’il ne fait plus parti des Floyd, ce dernier prépare son premier album solo : The Madcap Laughs. Le projet se distingue autant par un son psychédélique et expérimental, qu’un visuel déroutant et épuré. Sur la jaquette on y retrouve Syd en premier plan, accroupit sur le parquet bicolore de sa chambre, qu’il s’est amusé à peindre en orange et en mauve. Au fond, une silhouette nue et longiligne assise sur un tabouret, le visage presque caché par une longue chevelure.

A l'époque, Iggy ne savait pas que cette séance photo serait utilisée par Syd. C’est seulement quelques années plus tard, après avoir disparu de la scène anglaise, qu’elle découvre par hasard chez un disquaire, son corps sur la pochette de l’album.



On entendra peu parler d’elle jusqu’à sa mort en décembre 2017. Laissant derrière elle un souvenir vague et fantasmé d’une jeune femme libre et inspirante, déambulant dans les rues du Londres des années 60.